Les Gorges de Covatannaz et la voie du sel bernoise

La Voie du sel bernoise

Les documents des 17ème et 18ème siècles l’attestent, la voie de la Côte de Vuiteboeuf, comme celle du Col de Jougne, était un chemin saunier ( une Salzstrasse) aux mains de Leurs Excellentes de Berne qui détenaient le monopole de ce commerce.

Charrettes et haquets (Le haquet est une voiture hippomobile très simple, à deux roues, constituée de deux longs brancards ou poulains assez rapprochés, posés sur l’essieu) y transportaient le sel français en provenance d’Arc-et-Senans (Arc-et-Senans est une commune française située dans le département du Doubs en région Bourgogne-Franche-Comté) et Salins-les-Bains (Franche-Comté) vers Berne et le plateau suisse.

Plus sporadiquement, d’autres marchandises descendaient la Côte, du vin de Bourgogne notamment. Le trafic montant, moins intense, paraît se limiter à des transports locaux.

Bon à savoir : lorsque les bernois prennent le contrôle du pays de Vaud en 1536, ils développent le Commerce du sel en provenance des salines franc-comtoises. La voie principale passe par Jougne et Ballaigues où l’on peut admirer une voie à rainures très similaire à celle de la Côte de Vuiteboeuf. Des voies secondaires cheminent pas Sainte-Croix et par le Val-de-Travers.

En 1712 Leurs Excellences de Berne financent la remise en état de la voie à ornières de la Côte de Vuiteboeuf. Une trentaine d’années plus tard, la route est considérée comme inadaptée aux conditions …modernes (eh oui, à cette époque, on parlait aussi de modernité) du trafic. Les bernois font alors le choix de concentrer le transport du sel sur la route de Ballaigues et par le Col de Jougne, qui bénéficie d’important travaux de de réfection et de correction de 1745 à 1747.

Le chemin de la Côte de Vuiteboeuf tombe dans un état d’abandon, jusqu’à ce que les ressortissants de Sainte.Croix et de Bullet construisent à leurs frais une nouvelle route. Un long mur de soutènement fait partie des ces aménagements qui ont eu lieu en 1752.

Durant des siècles ces imposants chemins creux, rainures taillées dans le rocher témoignent de la longue histoire de ce passage emprunté par des soldats et des convois de marchandises. Les tracés successifs ont été créés en fonction de l’évolution des moyens de transports : mulets, chariots tractés par des chevaux ou des boeufs, diligences puis automobiles.

Des fréquentations plus anciennes ? De l’époque romaine ?

Zone de passage et zone stratégique de frontière, la région de Sainte-Croix est occupée dès la Préhistoire, comme l’attestent différentes découvertes archéologiques.

Les nombreux clous de chaussures et divers objets récoltés en prospection de surface montrent une fréquentation intense de la Côte de Vuiteboeuf durant la période romaine. Les mêmes indices se retrouvent au Col des Etroits, entre Sainte-Croix et l’Auberson.

Des voies à ornières existaient-elles déjà à cette époque ? Les rainures antérieures à la dernière réfection du début 18ème siècle ne peuvent malheureusement pas être datées qu’en chronologie relative, si bien qu’une origine romaine ou médiévale est difficile à établir

(Source de renseignements : panneaux didactiques sur le site – entre le Château-de Sainte-Croix et Vuiteboeuf)

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